Meio!

Décryptage chinois

« -Zorro. Maison. Lame de patin.

-Ok. Et la ville suivante ça sera un bonhomme pendu, une tête de robot et un Pythagore. Tu t’en souviendras? »

Si nous parvenons à reconnaître les noms des villes en les associant à des images et ainsi nous débrouiller sur la route avec nos cartes en chinois, on ne peut pas en dire autant de notre capacité (ou plutôt incapacité) à communiquer avec les habitants! Heureusement, nous sommes accueillis, dès notre arrivée en Chine, par le très sympathique Hui (qui tient un magasin de vélo à Kunming) et qui nous aidera avec certains décryptages forts utiles…

Nos difficultés de communication donneront lieu à des situations cocasses, voire surréelles. En voici quelques exemples!

Dans la catégorie courts métrages de science fiction

1. L’épisode de la gousse d’ail

Nous entrons dans un restaurant. Puis collant notre index et notre pouce ensemble, comme si nous y tenions un grain de sable, nous tentons d’indiquer au cuisinier que nous ne voulons qu’un tout petit peu d’ail dans notre plat… Quelques minutes plus tard, je me retourne et vois son assistante les mains pleines de gousses d’ail. François a tout juste le temps de courir freiner le cuisinier qui allait faire frire, en guise de plat principal. une bonne douzaine de gousses d’ail!

2. FLB refusé d’accès dans le train

Barrière de contrôle à la gare de Kunming. 6 femmes en tenue « officielle » de sécurité débarquent: meio! (NON en chinois). Vous ne passerez pas avec cet énorme vélo!! La règle c’est 160 cm, pas un de plus! La chef, intransigeante, ne veut rien savoir! Rien pantoute! Dès son arrivée (ça se voyait dans son regard) c’était perdu d’avance! Ces long nez ils ne passeront pas! Dégoutés, nous remontons FLB (que nous avions démonté, de bonne foi, pour leur montrer comment il pouvait se faire tout, tout petit!) et rebroussons chemin. Je décide alors de faire une entorse à mes principes et d’entrer dans un KFC ouvert 24/24: trop envie d’une crème glacée! Réponse de la caissière: meio. Le comptoir crème glacée vient de fermer. Décidément… Le lendemain, nous réussissons (après d’âpres négociations et moyennant une généreuse et obligatoire rétribution) à mettre FLB dans un bus en direction de Lijiang. A notre arrivée, surprise: tous nos sacs sentent le jus de poisson! Le chauffeur n’avait pas cru bon nous informer que, voisines de nos sacoches en soute, de grosses caisses pleines de poissons et crustacés faisaient elles aussi le voyage…

3. Passage à l’hôpital de Litang

Montez trop haut, trop vite. Manque d’oxygène. Je (Ge) me retrouve à l’hôpital de Litang. Je vomis dans le bureau du médecin (dans un sac heureusement) ; elle me rit au nez. Mmm…ça commence bien! Francois demande s’il y a un lit de disponible: meio. (Nous en aurons un plus tard, l’hôpital étant en fait quasiment vide!). « Vous auriez une couverture? Nous sommes à plus de 4000 m et il fait froid dans l’hôpital. Et Ge a des frissons… » Meio! François court chercher notre sac de couchage à l’auberge. Puis, vient l’heure de l’intraveineuse. A notre étonnement, on réalise que l’infirmière s’apprête à me faire la perfusion directement dans la salle d’attente du corridor, avec une aiguille non emballée qui est déposée sur un siège où reposent quelques mégots de cigarettes! Là, François s’énerve (moi je n’ai pas assez de force) et finit par leur faire comprendre que l’on veut une aiguille stérile dans son emballage! Le début d’un épisode que nous ne sommes pas prêts d’oublier…et où parler chinois nous aurait été d’un grand secours.

Décidement, la Chine n’est pas toujours facile à appréhender..

Au détour d’une route…

Ci-dessous quelques beaux moments vécus au Tibet historique, tous inattendus et qui témoignent une fois de plus de la magie opérée par le voyage à vélo…

1. Passage dans un petit village tibétain. Une dizaine d’hommes et femmes sont sur le toit et nous invitent à les rejoindre. Ni une ni deux, nous nous retrouvons armés d’un manche au bout duquel est inséré un gros palot de bois. Allez hop c’est parti! Sur les airs d’un chant traditionnel tibétain, nous tapons, tous au même rythme, sur la toiture, consolidant le mélange de terre et de chaux qui viennent renforcer celle-ci… L’ambiance est joyeuse. Au loin, on peut apercevoir des sommets enneigés. Nous déjeunerons avec eux dans la pénombre de la pièce principale (sombre en raison de l’absence de lumière, mais néanmoins toute décorée de meubles aux motifs colorés typiquement tibétains). Nous repartons plein d’énergie. Et c’est tant mieux, car devant nous (nous ne le savons pas encore) nous attend mon premier col à plus de 4000 m avec plus de 30 kilometres de piste!

2. Dans le village de Langmusi, où vivent environ 500 moines, nous observons le soir venu, au monastère de Kerti Gompa, un « exercice de débats sur la philosophie bouddhiste ». Les moines sont assis en tailleur, formant plusieurs colonnes de deux lignes chacune qui se font face, la discussion commence. Un moine arpente chaque rangée de long en large, l’air de lancer le débat. Puis, les moines s’enflamment peu a peu. Lorsqu’ils affirment une idée, ils tapent des mains, une main vers le bas pour repousser le diable, l’autre vers le haut pour appeler la sagesse! Vous voulez écouter les débats avec nous?

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3. Après une dure journée de vélo, la « face » toute tendue vers l’arrière en raison de violents vents, nous apercevons un peu en retrait de la route un complexe monastique qui semble abandonné… Nous aurons la chance d’y passer la nuit en compagnie de deux sympathiques jeunes moines qui nous accueillent timidement, Iphone en main. Nous dormons dans la pièce de l’un des deux, fan des Lakers (on aperçoit un t-shirt de l’équipe de basket sous son habit de moine et une affiche de l’équipe côtoie celle du Potala de Lhassa) qui nous fait d’abord goûter au plat traditionnel des tibétains: la tsampa! Mélange de beurre de yak, d’eau et de farine d’orge, le tout donne un résultat pour le moins… sec! Mais bon, au moins ça tient au ventre! Le lendemain matin, le complexe semble désert. Seuls 3-4 moines (sur la poignée qui y réside normalement) sont présents et s’affairent à réparer une toiture. Seul locataire qui bouge et semble être maître des lieux: le chat noir. Nous faisons le tour du complexe, suivant les pas d’une vieille dame vêtue d’une longue jupe noire, coiffée de longues tresses attachées ensemble et qui, un chapelet dans la main gauche et un gant dans la droite, fait doucement tourner les moulins à prière qui entourent le complexe… Ecoutez les tourner avec nous:

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4. Finalement, on ne saurait clôre cette mise à jour sans vous parler des montagnes et des cols que nous avons franchi. Le premier, 4100 m, je vous l’ai dit, nous ne l’avions pas prévu! 30 km de piste bien défoncée, pas d’eau de l’autre côté du col et la nuit qui se pointe: autant vous dire que j’ai trouvé ça difficile! Evidemment, le paysage vous fait vite oublier vos p’tites misères… Le 2e, 4685 m, était grandiose. Bivouac sur un plateau à 4200 m, réveil enneigé au milieu des yaks. Magique! Bon, ça s’est suivi d’un bref passage à l’hôpital (voir épisode surréel no.3 ci-dessus!) La prochaine fois, je monterai plus lentement pour pouvoir en faire plus de ces cols au milieu de ses majestueuses montagnes… On ne l’appelle pas le Pays des Neiges sans raison…

Pour marque-pages : permalien.

5 réactions à Meio!

  1. massonnet a écrit:

    je suis très émue
    ……DEVANT TOUT CE QUE VOUS AVEZ TRAVERSE!!!!

    Et je suis tellement fière de vous,mes petits……

  2. Delphine C a écrit:

    Dis, Ge, tu nous fais des frayeurs!! J’espère que tu as pu reprendre ton souffle et des forces. Quels exploits au quotidien! En tout cas, les paysages sont magnifiques et pas mal de photos du Tibet me font étrangement penser à la belle Mongolie. J’espère que vous appréciez tout ce qui est à base de lait de yak, parce que vous allez continuer à en manger / boire tout au long de votre voyage mongol !! Pleins de bises.

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